Guerres et géopolitique – il est urgent de se libérer du bourrage de crâne orchestré par l’Occident avec l’aide des grands médias.

Le bourrage de crâne est une expression qui désigne la propagande mensongère, par exemple durant la Première Guerre mondiale, où la presse, sous censure, multipliait récits partiaux et parfois inventés pour maintenir le moral et l’effort de guerre.
Par extension, l’expression renvoie à toute forme d’endoctrinement par répétition d’un discours, souvent simpliste ou mensonger, visant à influencer l’opinion sans nécessairement recourir à la contrainte directe.
C’est exactement ce qui est en train de se produire en ce moment en France et dans tous les pays ouest-européens qui s’affichent ouvertement comme antirusses.
On nous bourre le crâne !
Les cliques au pouvoir ne se cachent même plus et utilisent les pires méthodes liberticides pour promouvoir leur propagande.
- Élimination des médias véhiculant un message divergeant (RT France, C8), harcèlement de ceux que l’on n’a pas encore réussi à éliminer (CNews, Europe1, TV Libertés,…).
- Matraquage sur les médias dominants à la botte du pouvoir du même message, des mêmes slogans répétés à l’envi, en abusant d’une simplification manichéenne des faits et de leur sélection biaisée.
Au final, ça marche assez bien. L’individu lambda, addict à la « Messe du 20 h », finit par intégrer ces contenus parce qu’il ne rencontre plus de discours contradictoires.
Il a l’impression de garder une certaine distance critique, mais sa liberté de pensée se trouve asphyxiée sous l’information orientée, les diverses distractions offertes par la télé qui favorisent davantage la conformité sociale plutôt que la réflexion autonome.
La France, pays de la liberté d’expression ?
Allons, allons… Soyons sérieux.
Pour illustrer le propos, je prendrai dans cet article 4 exemples qui montrent la perfidie des reproches récurrents adressés à ceux qui pensent que la guerre en Ukraine n’est plus notre affaire.
Et bien sûr, je leur apporterai la contradiction.
1er reproche : « C’est la Russie qui a envahi l’Ukraine »
Cette affirmation, si elle est factuellement vraie, est politiquement très insuffisante.
Dire « la Russie a envahi l’Ukraine » revient à isoler un événement de son contexte historique, géopolitique et stratégique, comme si une guerre surgissait ex nihilo. Comme si Poutine s’était levé un beau matin, et avait décidé d’aller faire un tour en Ukraine, histoire de s’amuser un peu.
Dire que le Russie est responsable du conflit parce qu’elle a envahi l’Ukraine, équivaut à dire que la France est responsable de la Seconde Guerre mondiale, puisque c’est elle qui a déclaré la guerre à l’Allemagne en septembre 1939. Aucune personne sérieuse n’oserait raisonner ainsi.
Si la France a déclaré la guerre à l’Allemagne, c’est parce qu’elle avait ses raisons – sur lesquelles nous ne reviendrons pas ici, ce n’est pas le propos. Tout le monde admet ces raisons et comprend qu’il n’y avait pas d’autre issue.
De la même façon, si Poutine a décidé d’occuper quelques petits bouts de l’Ukraine (jusqu’où voulait-il aller, on ne le saura jamais), c’est qu’il avait ses raisons, tout aussi valables que celles de la France lorsqu’elle a déclaré la guerre à l’Allemagne.
Mais les raisons de Poutine, personne ne veut les entendre.
Deux poids, deux mesures.
Honte à nos dirigeants européens et à la plupart des journalistes qui leur cirent les pompes, pour avoir oublié qu’un conflit ne se juge pas uniquement à l’acte initial, mais à :
- L’enchaînement des causes,
- Aux multiples provocations antérieures,
- Aux engagements bafoués (accords de Minsk),
- Aux stratégies sournoises d’encerclement militaire (élargissement de l’OTAN à l’Est).
Refuser de voir ce contexte est indigne : c’est une simplification idéologique typique des régimes dictatoriaux. C’est pourtant ce à quoi on assiste aujourd’hui en France, « pays des libertés ».
Je réfère le lecteur à mon autre article intitulé : « Ukraine – la guerre que l’Occident a provoquée »

2ème reproche : « La Russie commet des crimes de guerre (Soumy, Bucha, etc.) »
Toute mort civile est regrettable et tout crime est condamnable. Mais encore faut-il appliquer cette condamnation de manière cohérente et universelle.
Les crimes de guerre de l’Occident
Si l’on veut parler de crimes de guerre, alors il faut aussi parler :
- Des bombardements massifs de centaines de milliers de civils allemands innocents à Dresde, Hambourg, et Berlin par les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, violant la proportionnalité et souvent qualifiées de crimes ;
- D’Hiroshima et Nagasaki, crime contre l’humanité violant les lois de la guerre sur les armes indiscriminées ;
- Du Vietnam : 2 à 3 millions de morts par l’agent orange et le napalm, provoquant des souffrances atroces en violation des protocoles sur les armes chimiques et biologiques ; de l’Irak en 2003, agression illégale sans résolution de l’ONU (estimations 500 000 à 1 million de morts) ; de l’Afghanistan (176 000 morts) ;
- Des milliers de civils massacrés par les drones américains au Yémen, en Somalie, au Pakistan, avec violations de souveraineté et exécutions extrajudiciaires sans procès.
Toutes ces populations ont été martyrisées par la puissance occidentale bien-pensante.
Les assassinats politiques de l’Occident
Il faut aussi mentionner les assassinats ciblés en temps de paix, documentés et assumés par les États-Unis et leurs alliés, dont voici quelques exemples incontestables :
- Chili (1973) : renversement d’Allende avec l’appui direct de la CIA, dictature de Pinochet. Des milliers de morts et disparus.
- Congo (1961) : assassinat de Patrice Lumumba avec la complicité occidentale.
- Iran (1953) : coup d’État contre Mossadegh perpétré par la CIA et son acolyte anglais le MI6.
- Libye (2011) : intervention de l’OTAN, lynchage de Kadhafi. Un état prospère détruit et livré à la corruption et aux milices terroristes. 50 000 morts et 1 million de déportés.
- Irak (2020) : assassinat du général Soleimani par un drone américain, en temps de paix, condamné par l’ONU, condamnation qui n’a bien sûr pas eu la moindre conséquence.
La plupart de ces coups d’état et renversements ont mené à des dictatures ou à des situations de guérilla permanente.
La réalité : les exactions occidentales systématiques
En résumé, voici de quoi des think-tanks comme l’Institut Montaigne et ECFR accusent l’OTAN :
- violations du droit international humanitaire,
- usage de la force sans mandat clair de l’ONU ou en violation de la souveraineté,
- meurtres de civils en masse,
- utilisation d’armes interdites, et
- assassinats extrajudiciaires
Excusez du peu. Cette triste liste mine la crédibilité morale de l’OTAN, qualifiée d’hypocrite.
Tout historien honnête sait bien que les USA et leurs alliés décrochent allègrement la palme du plus grand nombre de victimes de crimes de guerre sur les derniers 80 ans avec 10 à 20 millions de morts. Poutine lui, ne peut revendiquer qu’un piètre total de 1 à 2 millions de tués.
L’indignation à géométrie variable des dirigeant bellicistes européens est immorale et imprésentable. Avant d’accuser Poutine de tous les maux, il faut balayer devant sa porte.
Mon conseil : pour t’aider à reconfigurer ton cerveau, lis les mémoires de Gary Berntsen, Antonio Mendez, Joseph Findler et John Perkins. Quelques-uns parmi les nombreux tueurs impitoyables qui ont sévi dans le monde entier au service de la Grande Cause occidentale.

3ème reproche : « Ceux qui s’opposent à la politique officielle des européens (de l’ouest…) relaient la propagande du Kremlin »
Voilà l’argument-refuge par excellence. Qualifier un discours de « propagande » permet avantageusement d’éviter de le discuter, de le réfuter, ou même simplement de l’écouter.
Mais alors, posons la question franchement :
Les perroquets qui répètent mot pour mot le narratif de l’OTAN, de Washington ou de Bruxelles ne relaient-ils aucune propagande ?…
Ouvrons les yeux : si Poutine est un maître de la désinformation massive, il faut se rendre à l’évidence : il existe aujourd’hui une propagande occidentale parfaitement structurée, qui :
- Sélectionne les faits,
- Hiérarchise les morts,
- Moralise un camp et diabolise l’autre,
- Disqualifie a priori toute voix dissidente.
Refuser cette dérive n’est pas être pro-russe. C’est simplement faire usage de son intelligence et de son discernement pour refuser la pensée unique et faire prévaloir la vérité.
4ème reproche : « La liberté d’expression est plus limitée en Russie qu’en France »
Ah bon ?! Voyons voir… Sur le papier, peut-être. Mais dans les faits, le sujet devient vite dérangeant.
En France, tu prononces une seule phrase tombant sous le coup de la loi Gayssot, et tu ne débats plus : tu te retrouves immédiatement en prison. Et ce, indépendamment de tes bonnes intentions, de ta bonne foi, ou de la qualité de ton raisonnement. Et en l’absence totale, bien entendu, de tout encouragement à la haine raciale, ethnique ou religieuse.
Hop, c’est la case prison, sans aucun détour. Le procès viendra…, plus tard…
En France, la liberté d’expression est conditionnelle : tu peux tout dire… tant que ça ne dérange pas l’ordre établi, et que ça ne contredit pas la Sainte évangile du pouvoir en place.
Exactement comme en Russie.
La France pratique une censure juridique et sociale, peut-être moins brutale que la répression russe (et encore, la brutalité de la loi Gayssot est proprement féroce…). Mais chez nous, la censure est plus insidieuse, plus sélective, et tout aussi idéologique qu’en Russie.
La liberté d’expression ne se mesure pas seulement au droit de parler, mais au droit d’exister publiquement sans être détruit pour avoir exprimé une opinion divergente.
Donc, en France, elle n’existe pas.
Conclusion
Les narratifs simplistes existent de tous côtés. Ils sont propres à toute guerre et à toute politique extérieure.
Un débat informé exige de rejeter les propagandes mutuelles pour approfondir. Et ce débat ne porte certainement pas sur le fait d’aimer ou non la Russie, l’Ukraine, Poutine ou Zelensky.
Il porte sur des droits fondamentaux :
- Le droit de penser hors récit officiel,
- Le droit de contextualiser l’histoire,
- Le droit de critiquer son propre camp,
- Le droit de ne pas choisir entre deux propagandes.
La vindicte médiatique contre Poutine masque une hypocrisie systémique qui, selon moi, est proche de sa fin. Le récit occidental qui désigne Poutine comme le « Mal absolu » tout en minimisant les fautes et exactions de l’Ouest doit être contredit et réfuté par les historiens, trop silencieux à mon goût.
Quant aux journalistes, il semble malheureusement que la plupart sont d’abord des cireurs de pompes du pouvoir en place.
Ma nature optimiste me pousse à espérer, et à croire, que les peuples finiront par s’éduquer et retrouveront le plein usage de leur discernement. Puisse ce modeste texte contribuer à ce réveil.
