Le végétarisme, ça n’existe pas !

Aujourd’hui, la mode est à l’appartenance à des groupes. On avait depuis longtemps les Yahoo groups ; il y a maintenant les groupes Facebook, les groupes identitaires culturels et cultuels, les assos militantes pour ceci, contre cela, et les myriades de sites Internet communautaires.
Lorsqu’on est convaincu par une cause, on le dit, c’est naturel, et on a envie de convaincre les autres. On affiche ses idées, on milite.
Mais je suis souvent choqué par la violence inouïe des échanges, en particulier sur les réseaux sociaux, mais aussi tout simplement dans l’arène politique telle qu’elle nous est montrée dans les médias.

Un signe certain de l’Epée de clivage qui cristallise les esprits et rend les bons meilleurs et les mauvais pires. On voit clairement aujourd’hui se dessiner cette scission, ce clivage entre d’un côté les partisans du statu quo, les réactionnaires, qui s’opposent fermement à toute idée novatrice, et de l’autre les progressistes, qui rêvent d’un monde différent et feront tout pour qu’il se réalise.

Les premiers sont une espèce en voie d’extinction, mais ils sont encore puissants et peuvent toujours nuire car ils ont souvent les rênes du pouvoir. Les seconds sont beaucoup plus nombreux – leur nombre ne cesse de croître -, et ils finiront par prendre le pouvoir. Qu’ils partageront bien sûr ! Comme les ressources de la planète, dont ils affirment qu’elles sont à tous, qu’elles sont l’héritage collectif de l’humanité, notre bien commun, alors qu’aujourd’hui elles sont entre les mains des détenteurs du capital.

Mais qu’est-ce que tout cela a à voir avec le titre de cet article ?

Une des nouvelles pratiques qui emportent l’adhésion d’un nombre croissant d’individus est le végétarisme.
Loin de moi l’idée de le remettre en question ou de minimiser l’importance d’un tel régime. Son intérêt n’est plus à démontrer, de quelque point de vue que l’on se place. Toute raison est valable, et suffisante, pour cesser de manger de la viande.
Je souhaite simplement relativiser et inciter à une réflexion sur la pertinence de s’afficher avec de grandes étiquettes posées bien visibles sur le front. « Moi je suis végétarien ; moi je ne bois pas ; moi je… »

Pour ce faire, permettez-moi d’user d’un subterfuge humoristique :
Si j’avais mis de côté tous les asticots que j’ai avalés sans le faire exprès depuis que les fruits constituent une part importante de mon régime alimentaire, je pourrais aller à la pêche chaque jour pendant mes deux ou trois prochaines incarnations.
Les vers dans les figues sont le plus souvent minuscules. On ne perd pas de temps à essayer de les voir. Dans les pommes ou les pêches, on les distingue plus facilement et on peut les extraire. Mais combien sont passés inaperçus et sont allés augmenter subrepticement la quantité de protéines animales de mon régime alimentaire ?…

Et puis il y a les insectes volants que j’ai avalés en faisant de la moto ou du vélo.

Et avez-vous déjà vu une goutte d’eau de mer agrandie ? Les cellules animales sont innombrables. Au niveau microscopique, les règnes végétal et animal se chevauchent.

Alors, de quel végétarisme parle-t-on ? Où place-t-on le curseur ?

Nous vivons une époque de transition, et la perfection, s’il est bon de la garder en ligne de mire, sera encore longtemps un lointain objectif.

J’ai eu moi aussi ma période intégriste. Je suis devenu végétarien à l’âge de 18 ans, j’ai appris la méditation transcendantale, j’ai cessé de fumer, de boire, et… j’ai perdu tous mes amis !
Oui, bien sûr, j’en ai trouvé d’autres… Mais à quoi cela aura-t-il servi de me marginaliser, d’afficher ma différence, et surtout – parce que c’est souvent un écueil difficilement évitable -, de leur faire comprendre que j’avais trouvé LA Vérité et que eux se trouvaient sur une voie de perdition ?
Car enfin, c’est bien ainsi qu’ils ont perçu mon attitude et mes propos.

Se déclarer systématiquement végétarien, c’est mettre des limites entre soi et les autres ; c’est affirmer sa différence en laissant entendre, de façon plus ou moins subtile, que l’on a raison et les autres tort.
On ne peut établir des relations humaines saines sur une telle base.
Ce sont les années qui m’ont enseigné cela.

Aujourd’hui, j’ai adopté l’attitude inverse. « Moi, végétarien ? Non non. Mais je ne mange pas beaucoup de viande ».
Tout le monde est capable d’entendre ça sans être surpris. Et le plus souvent, la conversation continue sur un autre sujet sans que personne ne se trouve incommodé.

Et si votre interlocuteur insiste : « Ah bon, et tu en manges quand ? », vous sentez alors que vous avez peut-être en face de vous une personne qui est prête à entendre certains arguments.
Vous répondez, avec la plus grande prudence, et, au compte-goutte, vous partagez quelques idées générales, puis d’autres plus précises, mais uniquement si votre interlocuteur exprime le souhait d’en savoir plus.

L’erreur que font la plupart des militants novices, c’est de vouloir tout donner tout de suite, sans avoir cherché d’abord à savoir si la personne à laquelle l’on s’adresse est réceptive. C’est le B.A.BA de l’art de communiquer.
On assiste alors à de véritables monologues, de longues leçons de « vie saine » sur un ton péremptoire alors que l’on ne vous a rien demandé.
Encore une fois, je sais de quoi je parle !

Résultat, en vous comportant de cette façon, comme moi vous allez très vite faire le vide autour de vous et vous faire étiqueter, peut-être comme végétarien, mais surtout comme un fieffé con, un rabat-joie et un emmerdeur !

Ne vous plaignez pas ensuite si vous avez du mal avec vos proches…

Beaucoup de correspondants me racontent en effet toutes les difficultés qu’ils rencontrent pour vivre en conformité avec leurs idées au sein de familles ou de groupes professionnels qui n’ont pas du tout les mêmes.
Il n’est pas rare que ces dissensions provoquent des divorces.

Je suis convaincu que dans une majorité de cas, il est possible avec un peu de psychologie, de minimiser les frottements et de vivre en société tout en préservant son intégrité mentale et ses choix de vie.

Dans une soirée, par exemple, je laisse mes hôtes me servir à boire, sans rien dire, personne ne remarquera que je ne bois pas, surtout si l’on est tous debout.
Je passerai une soirée agréable, sans avoir à défendre des idées (oui, ça peut finir par être fatigant…) et en jouant le jeu, je peux sympathiser et développer des relations enrichissantes, même avec des gens qui, pour l’instant au moins, boivent de l’alcool, fument, et mangent de la viande.

On me sert de la viande ? Là aussi, on peut imaginer des subterfuges. Mais je favorise personnellement l’art de la bénédiction. Vous savez pourquoi les grandes religions ont instauré la bénédiction du repas ? Ce n’est pas pour faire plaisir au bon Dieu ! C’est parce que l’Esprit est toujours plus puissant que la matière. La puissance du mental est colossale au moment de transformer, transmuter et purifier la matière.

Dit plus simplement, un steak offert avec amour et béni par le receveur fera moins de mal qu’une salade bio préparée sans amour et avalée sans une pensée de gratitude.
Tout est dans la pureté de l’intention.

Voilà, j’espère que ma modeste expérience de marginalisation et d’échec dans mes relations sociales pourra vous servir à analyser vos propres comportements.
Racontez-moi si cet article vous évoque certaines expériences vécues.

 

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